Discographie & Chroniques # 4

"Me, my Youth & a Bass Drum" · 1996

Cover art · JM Mathoul

48 Cameras, qui a de tous temps disposé de ses propres studios, "s'équipe en digital " & enregistre son troisième CD, "Me, my Youth & a Bass Drum". Les enregistrements ont lieu à Huy, Londres, Liège & Paris. Figurent parmi les "invités" : David J. Coulter & Jem Finer (tous deux ex-Pogues), Brad Scott, Vincent Segal & Eugène Savitzkaya. A la faveur du digital, d'un nouveau changement de personnel & de la présence de ces invités & amis, la musique de 48 Cameras "s'éclaire" d'une instrumentation nouvelle incluant violon, violoncelle, vielle, didgeridu, harpe, piano, contrebasse, percussions diverses, etc...

" (...) La grande richesse de la musique proposée apparaît ici grâce à l'introduction de nombreux instruments à cordes & une multitude de percussions. Et le groupe d'exploser, d'envelopper la musique mondiale, d'y collecter des bruits, des rythmes, de fondre le tout & d'en faire la spécificité d'un grand album inclassable. Mais tellement proche du choc & de l'émoi."
      in Devor-Rock
      1995 [Belgique]

" On aurait pu craindre que ce groupe ne s'enlise dans la répétition. Le précédent album, Easter, November & a Year, était en effet d'un équilibre parfait. La voix du poète anglais Paul Buck se superposait avec grâce & beauté à des instrumentations complexes où guitares, percussions, loops & samples créaient de majestueux paysages sonores. Si la base du travail demeure identique, Me, my Youth & a Bass Drum s'offre le luxe d'un langage encore plus affiné & d'une instrumentation nettement plus étoffée. Ainsi, dans le prologue, un violoncelle se voit introduire au pays des guitares aériennes ; il apporte la chaleur. Le rythme se veut aussi plus diversifié. Des toiles de fonds sonores faites de bruitages & de synthés discrets aux tempos plus soutenus, Jean Marie Mathoul & ses comparses ont sérieusement enrichi leur palette rythmique qui tire désormais un peu plus vers l'impressionnisme nostalgique que l'expressionnisme romantique. Pour le reste, 48 Cameras se présente comme " un groupe différent qui revendique humblement ses errances ". Des errances qui, au détour d'un chemin, forcent la rencontre de Trisomie 21 & d'Einztürzende Neubauten ou initient une poignée de main entre W.S. Burroughs & Aphex Twin ".
     in Mofo
       1996 (Belgique)

" (...) Le groupe est passé maître dans l'art de poser des ambiances intimes & feutrées, sombres & pourtant terriblement lumineuses. " Me, my Youth & a Bass Drum " est le 3ème album du groupe & sans doute le plus serein & le plus mature, avec pour la première fois, un certain humour (belge) & une petite dose d'autodérision. "    in Revue & Corrigée
      1996 [France]

 

"Comment définir 48 Cameras ? Un quartet à la géométrie variable ou un projet intemporel de l'absurde ? Une narration musicale conçue comme un puzzle sonore & fabuleux. Intimisme abscons ou minimalisme de sable qui s'égrène au gré des images ? Convenons simplement que le groupe raconte des histoires, celle du poète anglais Paul Buck, collaborateur privilégié de Marc Almond. L'originalité de ce projet, fondé en 1992 par Jean Marie Mathoul & Paul Buck, réside dans le fait que ses membres ne se rencontrent jamais. De Londres, Paul Buck fournit les textes sur une bande DAT ; Jean Marie Mathoul, le hutois, en tisse un tapis rythmique via l'utilisation de synthés ; les autres musiciens ajouteront à leur tour la basse, les guitares & les différents instruments par envoi de cassettes... Système convivial où la correspondance entre Londres, Huy, Liège & Paris provoque un premier climat, celui de l'éloignement discret & de l'intrigue absolue. Et cette atmosphère envoûtante émane aussi des samples répercutant des flashes d'autres mondes & parcourt l'échine au gré de saynètes introspectives. Comme dans une galerie subtile & dérisoire, les tableaux se succèdent, paisibles & sereins, diffusant des images iconoclastes, troublantes, étrangères & pourtant très proches, presque instinctives. Comme spontanées. A la frontière des rythmes tribaux, les percussions dessinent l'espace & martèlent un temps monotone & tellement expressif. Comme l'urgence. Hypnotique aussi l'alchimie de cette voix immédiate du conteur, mêlée aux claviers aériens & aux guitares évanescentes. Musique futile comme l'instant qui s'enfuit, comme les secrets de l'enfance & ses châteaux de sable emportés par la violence de l'écume. Me, my Youth & a Bass Drum, c'est aussi une invitation au voyage en compagnie d'invités prestigieux, tels David J. Coulter & Jem Finer (des Pogues), Brad Scott, Vincent Segal, Eugène Savitzkaya, Sergio Taronna "
      in Rif Raf
      1996 [Belgique]

" (...). Le tout fait songer à de mystérieux rituels ancestraux. Utilisant bon nombre de percussions, de samples & de vielle, le groupe semble explorer des continents inconnus. (...) Probablement l'un des secrets les mieux gardés de Belgique."
      in Rif Raf
      1996 [Belgique]

" Troisième CD pour le collectif 48 Cameras. Le plus réussi. (...) Eclair de génie prémonitoire sur Martin's Little Book of Counted Sorrows ; le ton est donné. La voix narratrice n'a rien perdu de son ton nostalgique. Red Man Ray brillant d'une perversité psychédélique, voix nimbée de douceur, véhicule une émotion intacte en stimulant constamment l'imagination. Les mélodies intègrent avec un égal bonheur les parties les plus expérimentales comme Some Answers but Many More Questions. The Moon Woman Cuts the Circles vous emplit les poumons par sa violence larvée; la voix se fait plus autoritaire, presque incantatoire pour une rythmique & des guitares oppressantes. Man's Search for Meaning, ballade acoustique, mélopée à la gloire du temps que l'on croyait désespérément perdu. La mélancolie tempère chacune des compositions & se révèle tout simplement inclassable, invoquant instantanément des visions & des rêves jamais aboutis. Empty Place of Dead Roads illustre le souffle. Ce disque vous sauve un temps de la morosité ambiante & vous ouvre pleinement à des sensations nouvelles. "
      in Omega
      1996 [France]

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