| Cover art · Hugues B. Sortie
officielle le 3 février 2006. "Depuis
une quinzaine dannées, 48 Cameras, combo
belgo-internationaliste à géométrie hautement variable affirme
régulièrement sa singularité via des enregistrements précieux
et atemporels. Après deux opus "soundscapes" (Maximin
sorti en 2002 chez Young God Records et Gantse
Mishpuchah sorti en 2004 chez Fringe)
dans lesquels il sest appliqué, avec laide de son comparse
David Coulter et ponctuellement de Michael
Gira, à (re)visiter des uvres initialement composées
par Charlemagne Palestine ou fortement inspirées
par les « early minimalists » de la fin des 60s, Jean
Marie Mathoul, tête pensante et metteur en scène hors scène
(le groupe na donné que de très rares concerts remarqués
notamment en compagnie de Gerard Malanga) a réuni
autour de lui pour ce nouvel album un line up de qualité. Une lecture de
Sandy Dillon nous plonge demblée dans
les profondeurs dun film noir. Puis le chant limpide et sensible de Pascale
Tempels prend le relais bercé par un violon, une clarinette basse
(remarquable Yves Dellicour). Lapport des instrumentistes
acoustiques est sans doute lun des atouts de ce disque hors mode, dans lequel
Mathoul et ses comparses abandonnent définitivement
les tentatives de beat et les structures de chanson pop classiques pour nous immerger
dans des tableaux impressionnistico-poétiques. Signalons encore la contribution
de Carrie Ann Vesica dont le spoken word sensuel
habite quelques pièces inspirées dont le mystérieux Untitled
for now #3 où sont également crédités Michael
Gira et Charlemagne Palestine, invités
distanciés conviés à rejoindre, en toute discrétion,
le laboratoire sonore de lalchimiste Mathoul.
Une musique qui, comme il est mentionné sur la pochette de ce digipack,
« pourrait être écrite dans une langue étrangère
qui ne serait pas tout-à-fait maîtrisée », une intime
étrangeté qui fait tout le charme de cette oeuvre intérieure."
in Octopus, Transcultures & Jazz@Round
(décembre 2005
/ janvier 2006) "Dès
les premières notes de ''This river may spring to life again'',
plage introductive, on se retrouve plongé dans une atmosphére à
la fois menaçante et calme, un univers Lynchéien. La voix de Sandy
Dillon, chanteuse américaine, est cinématique, sa diction
parfaite. Les morceaux qui suivent donnent le ton: clarinette basse, cor anglais,
hautbois et cordes se détachent du fond des traditionnels ''soundscapes''
et ''drones'' ayant façonné depuis longtemps le son de 48
Cameras. Autant d'instruments joués par de nouveaux venus comme
Yves Dellicour (clarinettiste du groupe jazz Luna
Bong), le hautboïste Robert Baussey,
le tubiste Tom Heasley, le trompettiste Terry
Edwards... Mais ce n'est pas tout. Outre les nouveaux membres ayant rejoint
la structure comme Chris Long et David
Coulter, il faut y ajouter d'autres invités occasionnels comme le
duo américain Vesica Piscis (les voix de Carrie
Ann et de Kendall), Aaron
Ximm et ses ''enregistrements de terrain'', et la présence
- malgré eux - de Charlemagne Palestine et
de Michael Gira (The Angels
of Light, Swans) respectivement pour un passage
à l'orgue et à la guitare. L'ensemble se relève étonnement
cohérent. Cet album, le huitième, marque un tournant mais n'incarne
pas pour autant une rupture par rapport au passé. C'est toujours bien le
chant de Pascale Tempels et la basse de Shri
Bernard Petit Jr. qui impriment le caractère mélodique des
morceaux. En définitive, ''Alter all...'' apparaît comme une
uvre qui tendrait vers une sorte de musique de chambre - dans tous les sens
du terme - virtuelle, comme un disque pastoral saturnien." -
in Rif Raf (janvier 2006)
"Le
projet de Jean Marie Mathoul est de plus en plus
axé sur la musique par correspondance. Celle qui se construit via
le net. Désormais les musiciens travaillent dans leur coin et envoient
leur résultat (musical et vocal) via internet. Dans son " labo "
Jean Marie collecte le tout, effectue ses coupages
et collages et publie un nouvel album. Avec des invités vraiment étonnants.
Outre un Michael Gira (Swans)
qui devient coutumier du fait, on trouve la chanteuse américaine Sandy
Dillon, le duo Vesica Piscis et même
Andy Cairns (Therapy).
Surprenant. Après quelques travaux vraiment difficile d'accès,
revoici un 48 Cameras de plus en plus intrigant,
épuré, rampant. C'est via une déclamation de Sandy
sur une musique ténébreuse, angoissante que tout démarre.
Pascale Tempels de sa voix lumineuse prend le relais.
La musique reste d'une douceur inquiétante, toujours aussi inclassable,
unique. On s'imagine parfois dans une grouillante rue asiatique avec des sonorités
ethniques mais il y a aussi du jazz, du rêve, d'étranges bruits,
des percussions. Le tout se fusionne avec grâce, s'écoule et un monde
caché s'entrouvre. Engouffrez-vous vers cette lande virtuelle à
la musique intemporelle". in
AG (mars
2006) | |
"Virtuelles
et charnelles : les étranges mélopées d'un vaste collectif.
Bien avant qu'Internet n'invente le village global et autorise couramment
les collaborations virtuelles entre musiciens éparpillés sur la
planète, 48 Cameras écrivait déjà,
dès 1985, sans se croiser, sans se toucher. On raconte même que certains
membres de ce collectif mouvant (auquel se sont ajoutés à l'occasion
aussi bien que l'égérie warholienne Gerard
Malanga que Rodophe Burger, l'immense Michael
Gira des Swans que l'écorchée
Sandy Dillon) ne se sont jamais même rencontrés,
malgré huit albums communs, pensés et travaillés entre New
York, Montpellier, Bruxelles,
Londres ou San Francisco.
Et ces chansons, écrites par rebonds et dérives, portent effectivement
les traces de ces voyages, de ces incessants va-et-vient. Incapables de s'arrêter
à une forme ou un ton précis, elles virevoltent, fluctuent, musardent,
transbahutent leur barda acoustique (cordes, pianos, cuivres précieux
)
au hasard des rencontres, des folklores et des jeux de pistes. Car si on reconnaît
ici et là les humeurs - Nico, le Scot
Walker de Tilt ou The
drift, Charlemagne Palestine (présent),
Swans, Psychic TV ou
même Godspeed -, impossible de rattacher ces
morceaux insoumis et nomades à une quelconque école - ou alors,
une école buissonnière et débarrassée de toute discipline,
où ces musiciens gourmands joueraient, dans la fugue et le vol libre, à
se faire peur". - in Les Inrockuptibles (mars
2006) "Le
collectif à géométrie variable sort son huitième album
en 21 ans. Entre Huy et Bruxelles
se trouve une ligne internet faisant le tour du monde pour capturer les talents
de Sandy Dillon, Terry Edwards
et beaucoup d'autres venant marquer de leur empreinte une musique instinctive,
aux atmosphères liquides dessinées par les cordes et les bois. Magique
!" - in Le Soir (mars 2006) "Uno
stranissimo disco di ambient rumorosa e percussiva, una sorta di messa oscura
e maledetta, un oblio di buio rumoroso e suoni schivi e taglienti. Un'opera davvero
particolare, si spazzia dall'ambient-noise, ad atmosfere più dark, ibridando
sovente, una sorta di free-noise-jazz. C'è pure un po' di campionamenti
concreti, molto molto atmosferici. Bello e ossessivo, un disco da non ascoltare
di notte, da soli. Alcuni frangenti sono orrorifici." - in Suoni
Alieni (mars 2006) 48
Cameras " I swear I saw garlic growing under my father's steps " "After
all isn't tango the dance of the drunk man?" 1985.
B-Sides are or lovers. Un enregistrement concocté par un quartet outre-quiévrain.
En pleine ébullition new wave et dans une Belgique cultivant également
ses propres formules de rock de chambre, apparaît une formation ayant un
pied (les rythmiques) dans la new wave, mais une orientation plus rock progressif
pour une musique teintée de mélancolie. Vingt-deux ans plus tard
resurgit dans nos oreilles un groupe qui n'a cependant jamais cessé d'exister,
puisque ces deux enregistrements constituent leurs septième et huitième
opus. Plusieurs changements de personnel se sont succédés au sein
de la formation, avec une certaine stabilisation récente autour de Jean
Marie Mathoul, seul membre d'origine, avec David Coulter, Pascal Lacroix, Calogero
Marotta, Shri Bernard Petit Jr. et Madame Pascale Tempels, jouant tous d'une variété
d'instruments. Divers invités peuvent par ailleurs émarger sur certains
titres, tels Philippe Poirier, Rodolphe Burger ou Michael Gira, Charlemagne Palestine,
Yves Dellicour, etc. La musique de 48 Cameras conserve dans ses grandes lignes
ses choix avec davantage de finesse et de couleurs sonores. Le travail instrumental
privilégie toujours des trames mélodiques sombres et lancinantes,
dans lesquelles l'emploi de guitares basses, d'un didjeridu, de clarinettes basses,
de violoncelles et d'un violon est déterminant, de même que l'utilisation
de la voix, tantôt susurrée par telle chanteuse (Carrie Ann Vesica
Piscis en particulier sur le second recueil), tantôt sous la forme de récitatifs.
Ces trames sont ensuite rehaussées - et diversifiées - par l'ajout
soit d'une trompette, d'un tuba, d'une guitare, soit de paysages sonores concoctés
par les membres de la formation ou par tel ou tel invité (Andrey Kolomytzev,
Aaaron Ximm). Loin d'être les tenants de la recherche sonore fondamentale,
48 Cameras n'use de certaines de ces nouvelles approches sonores que dans la mesure
où elles leur permettent de véhiculer leur propre imaginaire sonore,
sans les transgresser. (
) Pierre Durr (Revue et Corrigée - France
- 2007).
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